Ton visage & tes yeux

Publié le par Séveu

Je t'ai embrassé aujourd'hui. Ta peau était froide. J'espèrais un mouvement improbable. Un ultime baiser sur ton front avant de ne plus pouvoir te regarder à jamais. Ton visage si difficile à reconnaître m'a bouleversé, mais tes yeux m'ont assuré de la sérénité de tes derniers instants, malgré ces instants hospitaliers.
Mon grand-père, mon pépé, toi que j'admirais pour tant de curiosité, de dynamisme et ce fichu caractère bien trempé, toi ce polonais, cet allemand, toi ce français, tu nous quittes sans livrer toutes tes blessures et tous tes secrets.
J'aurais eu tant à te dire, j'espèrais que l'on trouve assez de stratagèmes pour s'accorder.
Je te croyais insubmerssible, tu contredisais le destin des mineurs, tu l'esquivais. Depuis toujours tu nous le faisais croire.
Mon grand-père, mon pépé, tu ne m'as pas laissé le temps nécessaire pour te dire simplement mon amour, je t'aime. Les générations nous séparaient, mais tu m'apportais beaucoup sur la compréhension de l'Histoire, de notre histoire. À nous petits enfants de faire vivre les souvenirs de famille.
Je suis simplement frustrée, déjà ton absence me parrait inssuportable.
À toi mon bien aimé grand-père, mon tumultueux et tendre pépé.

Publié dans Histoire de parler

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